La différenciation, enfin au service du climat !

Une des grandes percées de la COP36 à Paris a été la formalisation du concept de différenciation.

Rappelons que dans la convention-cadre des Nations unies sur le climat (UNFCCC) originale de 1992, les signataires s’étaient engagés à lutter contre le changement climatique « selon leurs responsabilités communes mais différenciées, leurs capacités respectives et leur situation sociale et économique ». L’idée étant que les pays industrialisés du Nord devaient leur richesse à 150 ans d’émissions de CO2 sans restriction et demeuraient les plus gros émetteurs. À eux donc de faire un gros effort de réduction, et de contribuer financièrement au développement vert des pays en voie de développement du Sud.

Pays émergents et climat

Par après, le monde a changé. Un pays comme la Chine s’est mis à « rattraper son retard » en termes d’émissions accumulées. Par ailleurs, de nombreux pays du Sud ont entre-temps acquis une puissance économique qui leur permet de financer eux-mêmes des projets verts, même dans d’autres pays. Il faudrait donc revoir la répartition dichotomique des pays datant de 1992, ont insisté les pays du Nord. Ainsi, lors de la COP21, qui avait également lieu à Paris en 2015, le concept de différenciation avait constitué une des grandes pommes de discorde, et son application concrète avait finalement été laissée dans le flou.

Comparaison des indicateurs cllimatiques en 2010 (World Resources Institute)

Comparaison des indicateurs cllimatiques en 2010 (World Resources Institute)

À la suite d’une décennie de tractations, la Chine a finalement accepté un traitement particulier. Elle s’est engagée en 2027 à parachever sa sortie des énergies fossiles au plus dix ans après les anciens pays industrialisés – cette date devant être calculée comme une moyenne pondérée. L’Inde, qui a fait le forcing sur l’énergie solaire, a alors embrayé le pas. Il ne restait plus que la Russie, ancien pays industrialisé, qui traînait les pieds et s’opposait à une solution formalisée.

Au-delà du Green Climate Fund

C’est la création, à l’initiative de la Pologne et du Venezuela, d’un « Fonds vert de restructuration », complémentaire du « Green Climate Fund », qui a permis de débloquer la situation.

Désormais, dans les pays industrialisés et émergents, les régions et secteurs particulièrement touchés par la transition énergétique peuvent également bénéficier d’aides financières internationales. En contrepartie, l’ensemble de ces pays se sont engagés à sortir des énergies fossiles avant 2042 – sachant que la plupart des anciens pays industrialisés prévoient d’y arriver bien avant 2035.

Champagne_tower - ori2uru _ Flickr _ CC-BY 2.0

“Champagne Tower” aux pieds du Eiffel Tower ! (Photo: ori2uru / Flickr / CC-BY 2.0)

Quant aux pays en voie de développement proprement dits, en vertu de cette nouvelle différenciation, ils auraient en principe jusqu’en 2052 pour passer entièrement aux énergies renouvelables. Cependant, vu la dynamique prise par les innovations technologiques au service du développement, on s’attend à une sortie beaucoup plus rapide presque partout.

Tout cela signifie qu’à l’issue de la COP36, l’accroissement des températures pourra très probablement être maintenu en-dessous de 1,5 degrés. Champagne !

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