To love or not to love pussy … riot

Knowing that Luc would write an editorial about the Pussy Riot case (see below, in French), I did some “surfin’ research” – which explains why this post is a bit link-heavy.

“Amnesty International said it believed that the trial of the Pussy Riot defendants – Maria Alekhina, Ekaterina Samutsevich and Nadezhda Tolokonnikova – was politically motivated, and that they were wrongfully prosecuted for what was a legitimate – if potentially offensive – protest action. The organization considers all three activists to be prisoners of conscience, detained solely for the peaceful expression of their beliefs.”

Is there something to add? Yes. You may or may not enjoy their music, you may or may not find offensive that their radical political action took place in a church, and you might think that although their cause is just, they tend to show off a bit too much… Just take a look (and an hear) at their latest video, provided by The Guardian:

The topic is disputed, Luc being quite critical while the Guardian journalist Laura Snapes, although aware of the problems Luc raises, collected a lot of positive reactions when asking musicians about the Pussy Riot cause: “Have Pussy Riot sparked a new wave of grrl power?”

On the other hand, several reactions on German sites were rather negative. “Sunshinedaughter” thinks that two years of imprisonment may be a bit too much, but then again “they won’t have to work”, and what is left as a “redemption” may be justified by the “offensive” character of their action. Meanwhile the online music magazine “intro” calls them “Putin’s hidden helpers” – at least they put a question mark behind this title.

On a sidenote: of course there is always a Western propaganda bias in this kind of story. Interestingly, the Taliban massacre, mentioned by Luc as an example of other “martyrs”, might be just that kind of thing. Not that there wasn’t a slaughter of civilians, but the reason may have been different from the cliché-esque Taliban hate of freedom. This you’ll only know when reading one of the rare newspapers who is serious about information instead of just writing what people are supposed to wanna hear.

When Luc chose his subject, I kidded saying he should write about t.A.T.u. if he didn’t like the Pussy Riots. I’m not the only one to make the connection. “I think we need t.A.T.u. to do a benefit concert for them”, says Melanie on her blog. On Collegefotball.rivals.com (sic), they too care about Russian political activists, especially when young and female: “… probably following in the footsteps of ‘Tatu’, which featured two 17 year old Russian girls that posed as lesbian lovers… it worked…”, writes “thehellyousay”. Unclear what he means by his last two words.

But not all Russian musicians are Lesbians or rioters. Valery Gergiev, director of the St Petersburg Mariinsky Theatre and conductor at the LSO is someone whom I like as an artist, having even seen him at the Phil’ conducting Tchaikovsky’s Sixth – making me discover new aspects of that well-known symphony. His political opinions are less to my taste (see this article, where he explains his support to Putin). Well, as far as I know, he remained silent on the Pussy Riot issue … until this happened: “Gergiev is victim of Pussy Riot hoax“. Bad joke, claiming you’re the good guy when you really don’t wanna be.

Personally, I still feel a bit like “Ginger Beer”, who summed it up in an elegant way: “If they got 2 years in Russian jail for this little protest, they were right to protest.”

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RÉVOLTE

Deux poids, deux mesures

Luc Caregari

La mobilisation en faveur des punk-rockeuses et activistes russes de Pussy Riot est certainement louable, mais elle démontre aussi que l’engagement est une dynamique aux vecteurs très variables.

Il l’a fait. Vladimir Poutine, ou le système de justice russe qui est à ses ordres, vient de faire envoyer en Sibérie pour deux ans Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina – les trois membres du groupe Pussy Riot qui ont été arrêtés lors de leur action coup de poing dans la cathédrale moscovite du Christ-Sauveur le 21 février 2012, deux autres membres ayant pu échapper aux policiers. Le président russe s’inscrit donc dans la meilleure tradition du stalinisme et du tsarisme, qui aimaient bien exiler les opposants politiques dans le froid éternel.

Mais Poutine ne serait pas lui-même s’il n’avait pas d’autres desseins cachés derrière cette condamnation plus que ridicule. En laissant l’église orthodoxe au premier plan des accusateurs, il s’est habilement tiré de la ligne de mire, même si personne n’est dupe de la justice politisée instaurée sous son règne. Et puis, il a misé avant tout sur la division des forces oppositionnelles, dont beaucoup sont des chrétiens orthodoxes pratiquants et donc particulièrement choqués par cette action « blasphémique ». Même si les trois inculpées n’ont cessé de répéter qu’elles ne voulaient en aucun cas blesser les sentiments religieux de leurs compatriotes, mais au contraire mettre en évidence la mainmise du Kremlin sur l’église orthodoxe, leur message n’est pas passé.

Ce qui est passé par contre, c’est la « causa Pussy Riot » en Occident. Trois jeunes et belles femmes face à une machine de justice implacable, cela suscite l’empathie, et puis c’est sexy de s’engager pour elles. Tellement, que même les jeunes Verts luxembourgeois sont tombés dans le panneau et ont monté une action devant l’ambassade russe, déguisés en Pussy Riot. Cela promet pour les costumes d’Halloween. Et puis, cela ne changera rien, car le système Poutine a bien sûr incorporé cet effet dans ses calculs : cela lui permet d’encore mieux se démarquer d’un Occident incompréhensif par rapport à la Russie, comme il est montré dans les médias sous contrôle étatique, et de s’enfoncer encore davantage dans l’autisme autocratique.

Mais surtout, en donnant une telle exposition aux trois activistes russes, leurs ardents défenseurs font de l’ombre à tous les autres opposants politiques qui croupissent dans des geôles partout dans le monde. Et même à celles et ceux qui ne sont pas vraiment politiques. Par exemple en Afghanistan, la semaine dernière, dans la province de Helmand, les talibans ont décapité 17 personnes, dont deux femmes, tout simplement parce que ces personnes avaient osé écouter de la musique et de danser. Où sont les cris scandalisés de l’opinion publique occidentale face à ce crime qui dépasse l’entendement et par rapport auquel deux ans en Sibérie ne pèsent pas vraiment ?

C’est la face cynique de l’engouement pour les Pussy Riot. Les talibans ne sont pas tellement pop, ni vraiment sexy. Mais leurs victimes ne sont pas les seules à être oubliées par le public. Qui parle encore d’un Bradley Manning qui croupit dans une cellule isolée aux Etats-Unis, parce qu’il est suspecté d’avoir livré des informations à Wikileaks ? Qui parle des autres opposants politiques enfermés en Russie, en Chine, en Arabie Saoudite et dans des tas d’autres régimes autocratiques ou pseudo-démocratiques ? Ces gens là doivent attendre leur tour pour être illuminés du projecteur de l’opinion publique, et puis ils retomberont dans l’oubli dès que le prochain martyr se présente. Et il y en aura toujours.

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